Des frappes aériennes sur le Yémen tuent 31 civils après le crash d’un avion à réaction saoudien

16 fév 2020

AFP / File / FAYEZ NURELDINE L’Arabie saoudite mène une campagne de bombardement controversée contre les zonescontrôlées par lesrebelles du Yémen depuis 2015

Trente et une personnes ont été tuées samedi dans des frappes aériennes sur le Yémen, ont indiqué les Nations Unies, les victimes d’une apparente représaille menée par l’Arabie saoudite après que les rebelles Huthi soutenus par l’Iran aient déclaré avoir abattu l’un de ses avions.

L’avion Tornado est tombé vendredi dans le nord de la province d’Al-Jawf lors d’une opération de soutien aux forces gouvernementales, une rare fusillade qui a provoqué des opérations dans la région par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite qui combattait les rebelles.

La violence meurtrière fait suite à une recrudescence des combats dans le nord du Yémen entre les parties belligérantes qui menacent d’aggraver la crise humanitaire du pays meurtri par la guerre.

« Les rapports préliminaires sur le terrain indiquent que le 15 février, pas moins de 31 civils ont été tués et 12 autres blessés dans des frappes qui ont frappé la région d’Al-Hayjah … dans le gouvernorat d’Al-Jawf », a déclaré le bureau du coordinateur humanitaire de l’ONU pour le Yémen dans un communiqué. déclaration.

Lise Grande, la coordinatrice de l’ONU, a dénoncé les « terribles frappes ».

« En vertu du droit international humanitaire, les parties qui ont recours à la force sont tenues de protéger les civils », a-t-elle déclaré.

« Cinq ans après le début du conflit et les belligérants ne parviennent toujours pas à assumer cette responsabilité. C’est choquant. »

Les rebelles ont signalé de multiples frappes aériennes de la coalition dans la zone où l’avion est tombé, ajoutant que des femmes et des enfants faisaient partie des morts et des blessés, selon la chaîne de télévision rebelle Al-Masirah.

La coalition a concédé la « possibilité de dommages collatéraux » lors d’une « opération de recherche et de sauvetage » sur le site de l’écrasement d’un avion, ce qui a laissé le sort de son équipage incertain.

– «Un coup dur» –

Sans indiquer la cause de l’accident, un communiqué de la coalition publié par l’agence de presse officielle saoudienne a déclaré que l’équipage, composé de deux officiers, avait été éjecté de l’avion avant qu’il ne s’écrase mais que les rebelles ont ouvert le feu sur eux en « violation du droit international humanitaire ».

« La vie et le bien-être de l’équipage sont la responsabilité de la milice terroriste Huthi », selon le communiqué, sans préciser s’ils avaient survécu.

Les rebelles Huthi ont publié des images de ce qu’ils ont appelé le lancement de leur « missile sol-air avancé » et le moment où il a frappé l’avion dans le ciel nocturne, l’envoyant s’écraser dans une boule de flammes.

« L’abattage d’une tornade dans le ciel au-dessus d’Al-Jawf est un coup dur pour l’ennemi et une indication d’une croissance remarquable des capacités de défense aérienne yéménites (rebelles) », a tweeté le porte-parole de Huthi, Mohammed Abdelsalam.

L’escalade fait suite à de violents combats autour de la capitale détenue par les Huthi, Sanaa, les rebelles progressant sur plusieurs fronts vers Al-Hazm, la capitale régionale d’Al-Jawf.

La province d’Al-Jawf a été principalement contrôlée par les Huthis, mais sa capitale reste entre les mains du gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite.

– «Arsenal massivement élargi» –

L’effondrement d’un avion de guerre de la coalition marque un revers pour une alliance militaire connue pour sa suprématie aérienne et signale l’arsenal militaire de plus en plus puissant des rebelles.

« Au début du conflit, les Huthis étaient une milice hétéroclite », a expliqué à l’AFP Fatima Abo Alasrar, universitaire à l’Institut du Moyen-Orient.

« Aujourd’hui, ils ont massivement élargi leur arsenal avec l’aide de l’Iran et de son mandataire Hezbollah », le puissant mouvement chiite du Liban.

Les rebelles huthi possèdent maintenant des armes portant des signes d’origine iranienne, selon un rapport de l’ONU obtenu par l’AFP au début du mois, en violation potentielle d’un embargo sur les armes de l’ONU.

Certaines des nouvelles armes, que les rebelles ont obtenues l’année dernière, « ont des caractéristiques techniques similaires aux armes fabriquées en République islamique d’Iran », selon le rapport, compilé par un groupe d’experts de l’ONU chargés de surveiller l’embargo.

Le panel n’a pas précisé si les armes avaient été livrées aux Houthis directement par le gouvernement iranien, qui a à plusieurs reprises nié leur avoir envoyé des armes.

La coalition est intervenue contre les Huthis en 2015, dans un conflit qui a tué des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart des civils, et déclenché ce que les Nations Unies appellent la pire crise humanitaire du monde.

La force de la coalition a été largement critiquée pour le nombre élevé de civils tués par sa campagne de bombardements, qui a incité certains gouvernements occidentaux à réduire les livraisons d’armes aux pays participants.

Mercredi, la coalition a annoncé qu’elle jugerait des militaires soupçonnés d’être à l’origine d’attaques aériennes meurtrières contre des civils yéménites.

Source AFP

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