Mort à cinq ans pour avoir fait pipi au lit

16/11/2020

Mise à jour le 16/11/2020 à 16h01
Photo Pexels

Le procès du beau-père et de la mère de Yanis, mort à cinq ans en 2017 lors d’une punition pour avoir fait pipi au lit, s’est ouvert lundi devant les assises du Pas-de-Calais.

Durant les cinq jours d’audience, les avocats du beau-père, Julien Masson, qui nie toute intention de tuer, vont s’efforcer d’obtenir une requalification des charges d’« homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans » en « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. »

La cour devra également déterminer la responsabilité de la mère, Emilie Inglard, 23 ans au moment des faits. Placée sous contrôle judiciaire, elle doit répondre d’abstention volontaire d’empêcher un crime. Tous deux sont apparus à la barre vêtus de noir.

Un corps couvert de marques

Dans la nuit du 5 au 6 février 2017, les pompiers, alertés par le beau-père, découvrent le petit garçon allongé, en chaussettes et slip trempés, le corps froid et couvert de marques de coups, dans un cabanon où la famille passe le week-end, à Aire-sur-la-Lys.

Julien Masson, 31 ans à l’époque, expliquera que l’enfant est tombé inanimé après avoir couru pendant plus d’une demi-heure le long d’un canal par une température de 5 degrés, une punition qu’il lui a infligé pour avoir fait pipi au lit.

Modifiant plusieurs fois ses déclarations, il finira aussi par admettre quelques coups légers sur l’enfant.

Des signes d’immersion dans le canal

La version est battue en brèche par les experts, selon lesquels Yanis, décédé d’un traumatisme crânien suite à un coup violent, portait des marques d’étranglement et de bâillonnement et des signes d’immersion dans le canal, ainsi que des marques de coup antérieures à la nuit du drame.

Julien Masson doit également répondre de violences par ascendant depuis août 2015, date du début de sa relation avec la mère de Yanis.

Selon un de ses avocats, Stéphane Daquo, « deux expertises médicales sont toutefois un peu contraires »« On va se battre là-dessus », a-t-il affirmé.

Plusieurs associations de protection de l’enfance se sont constituées parties civiles. Dans ce département du Pas-de-Calais où le nombre d’enfants placés est particulièrement élevé, la famille n’était pas suivie par les services sociaux.

Source AFP

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