Le suicide d’Alysson provoque une mobilisation

20/11/2020

Mise à jour le 20/11 /2020 à 10h36
Ph. Facebook

Une Liégeoise de 24 ans qui avait ouvert un barber shop l’été dernier a mis fin à ces jours lundi, après avoir tout perdu à cause du confinement.

Le suicide de la jeune Alysson lundi a ému de nombreux Belges. Cette Liégeoise de 24 ans a mis fin à ces jours, après s’être retrouvée dans une situation intenable à cause de la fermeture du barber shop qu’elle avait ouvert en août dernier. «Cela nous a tous énormément touchés», a lancé le Premier ministre Alexander De Croo devant la Chambre. « Il est clair que l’impact psychologique est supérieur à ce qu’on a vu lors de la première vague. À côté d’un support financier, un support humain est aussi important. »

La jeune Alysson avait dû fermer les portes de son commerce, «non-essentiel», lors du reconfinement décidé fin octobre. Elle a ensuite rencontré des difficultés financières, alors qu’elle ne bénéficiait pas du droit passerelle, du fait du lacement trop récent de son barber shop. «Les indépendants ne doivent jamais hésiter à solliciter de l’aide avant de commettre l’irréparable. Il est essentiel que les informations soient le plus accessible possible, et je veillerai à ce que les CPAS puissent être en mesure de les accompagner», a pour sa part commenté David Clarinval, ministre fédéral des Indépendants.

Les indépendants marqués

Des indépendants ont également voulu marquer leur soutien à la jeune femme. Suite à ce fait divers tragique, des professionnels de la beauté ont lancé le mouvement #Coiffeursàpoil pour faire entendre leurs revendications. Eric Polain, coiffeur et gérant de «Studio 74» à Voroux-Lez-Liers, acréer un nouveau décor de profil Facebook. Celui-ci affiche « Le temps presse. #coiffeursàpoil ».

Des aides pas toujours bien ciblées

De nombreuses aides ont été mises en place par les divers niveaux de gouvernements, mais tout le monde n’en bénéficie pas de la même manière. Ainsi, le droit passerelle accordé aux indépendants a augmenté le revenu de moins 45% des restaurateurs, traiteurs et cafetiers indépendants, par rapport à celui qui découle de leur activité, estime l’économiste Philippe Defeyt. Dans le même temps, d’autres n’en bénéficient pas, ou touchent des aides qui ne leur permettent pas de couvrir leurs charges. «Pourquoi un forfait alors que les allocations de chômage sont proportionnelles au revenu perdu?», interroge Philippe Defeyt. «Il est temps de corriger structurellement les dispositifs imaginés, activés ou modifiés dans l’urgence.»

«Les indépendants ont comme tout travailleur le droit d’être protégés contre les pertes de revenus, mais il n’y a aucune raison de ne pas s’inspirer des principes applicables en matière de chômage des salariés: proportionnalité, financement contributif et solidaire, prise en compte des périodes concernées dans le calcul de la pension», juge l’économiste de l’Institut pour le Développement Durable. «On peut très bien imaginer que demain les indépendants entrent pleinement dans l’assurance chômage.»

Besoin d’aide? Envie de parler? Appelez gratuitement la ligne du Centre de Prévention du Suicide au 0800/32 123. Quelqu’un vous écoute, 24h/24, dans l’anonymat.

Source Metro

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