Des peines très lourdes au procès Charlie Hebdo

16/12/2020

Mise à jour le 16/12 /2020 à 23h20
AFP / Benoit Peyrucq

La cour d’assises spéciale de Paris a condamné mercredi Ali Riza Polat à trente ans de réclusion criminelle pour « complicité » des crimes terroristes commis par les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly lors des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

Les cinq magistrats professionnels, qui ont assorti cette peine d’une période de sûreté des deux tiers, n’ont pas suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste, qui avait réclamé la perpétuité à l’encontre du principal accusé présent.

L’avocate de M. Polat, Isabelle Coutant-Peyre, a tout de suite après l’énoncé du délibéré annoncé son intention de faire appel.

La cour d’assises a par ailleurs condamné à 30 ans de réclusion criminelle la compagne en fuite d’Amédy Coulibaly, Hayat Boumeddiene, jugée par défaut. Cette peine est conforme aux réquisitions du parquet national antiterroriste, qui avait souligné le « rôle important » dans la préparation des attentats de la jeune femme, partie en Syrie quelques jours avant les attaques.

La perpétuité prononcée

Les autres accusés écopent de peines allant de quatre ans de prison à la perpétuité.

La peine la plus lourde, soit la perpétuité, a été prononcée contre Mohamed Belhoucine, présumé mort en Syrie et jugé par défaut. Le mentor présumé du tueur de l’Hyper Cacher Amédy Coulibaly a été reconnu coupable de « complicité » de crimes terroristes.

Trois autres accusés, tous proches d’Amédy Coulibaly, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroristes, la cour ayant estimé qu’ils ne pouvaient ignorer la nature du projet du tueur de l’Hyper Cacher, dont ils connaissaient les convictions.

Parmi eux, Amar Ramdani a écopé de la peine la plus lourde: 20 ans de réclusion, assortie d’une période de sûreté des deux tiers. Nezar Mickael Pastor Alwatik, ex-codétenu d’Amédy Coulibaly, a été condamné à 18 ans de réclusion, et Willy Prevost à 13 ans de réclusion.

Les cinq magistrats professionnels ont en revanche abandonné la qualification terroriste pour six accusés, qui ne connaissaient que peu Amédy Coulibaly et pour lesquels « aucune conviction ou idéologie religieuse de type radicale » n’a été établie.

Le volet « belgo-ardennais »

Des peines allant de cinq à dix ans de prison ont ainsi été prononcées contre quatre accusés impliqués dans le volet « belgo-ardennais », reconnu coupables d’un simple délit « d’association de malfaiteurs »: Metin Karasular, Michel Catino, Abdelaziz Abbad et Miguel Martinez.

Dans le volet «lillois», huit ans de prison ont été prononcés contre Saïd Makhlouf et Mohamed Fares, reconnus coupables des mêmes faits. Le seul accusé qui comparaissait libre, Christophe Raumel, a été condamné à quatre ans de prison.

La cour d’assises spéciale a enfin constaté l’extinction de l’action publique à l’encontre du 14e accusé, Mehdi Belhoucine, frère de Mohamed Belhoucine: le jeune homme, présumé mort et lui aussi jugé par défaut, avait déjà été condamné en janvier pour association de malfaiteurs terroriste dans le procès dit des «fantômes du djihad».

Les peines prononcées sont globalement inférieures aux réquisitions du parquet national antiterroriste, qui avait réclamé la perpétuité pour deux accusés et de cinq à trente ans de prison pour les 12 autres, estimant qu’ils avaient servi de «cheville ouvrière» aux attaques djihadistes.

Source AFP

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