Nicolas Sarkozy condamné à 3 ans de prison, dont un an ferme

01/03/2021

Mise à jour le 2 mars 2021 à 09h21

AFP / M. Bureau

L’ancien chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy a été condamné lundi à Paris à trois ans d’emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite «des écoutes», née en 2014 d’interceptions téléphoniques avec son avocat historique Thierry Herzog.

Nicolas Sarkozy devient ainsi le deuxième ancien président condamné sous la Ve République, après Jacques Chirac en 2011 dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Le tribunal correctionnel a estimé qu’un «pacte de corruption» avait été conclu entre l’ex-président aujourd’hui âgé de 66 ans, son avocat Me Thierry Herzog et l’ancien haut magistrat Gilbert Azibert, également condamnés à trois ans de prison dont un ferme.

Le 8 décembre, le parquet national financier (PNF) avait requis contre Nicolas Sarkozy quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, en estimant que l’image présidentielle avait été «abîmée» par cette affaire aux «effets dévastateurs».

Il compte faire appel

M. Sarkozy était accusé d’avoir tenté d’obtenir en 2014, par l’entremise de Me Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert, alors haut magistrat, dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l’affaire Bettencourt. Des informations qui devaient être délivrées par le magistrat en échange d’un coup de pouce pour un poste de prestige à Monaco.

Devant le tribunal, ses avocats avaient fait valoir qu’in fine, Nicolas Sarkozy n’avait pas eu gain de cause devant la Cour de cassation et que Gilbert Azibert n’avait jamais eu de poste à Monaco. Selon la loi, il n’est cependant pas nécessaire que la contrepartie ait été obtenue, ni que l’influence soit réelle, pour caractériser les délits de corruption et de trafic d’influence.

Peu après l’annonce de sa condamnation, Jacqueline Laffont, l’avocate de l’ancien président, a annoncé que son client ferait appel. Elle considère ce «jugement extrêmement sévère» et «totalement infondé et injustifié». Nicolas Sarkozy «est calme mais déterminé à poursuivre la démonstration de son innocence», a assuré Me Laffont.

Source AFP

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